Affaire Florence Cassez

Biographie
Florence Marie Louise Cassez est née à Lille le 17 novembre 1974[2]. Elle est la fille de Bernard Cassez et de Charlotte Crepin[3],[4]. En 2003, Florence Cassez quitte son emploi de directrice d'une boutique Eurodif à Calais et se rend au Mexique où son frère s'est installé et a créé une entreprise d'équipement médical.

 Relation avec Israel Vallarta Cisneros
En octobre 2004, Florence Cassez rencontre par l'intermédiaire de son frère, Sébastien Cassez, Israel Vallarta Cisneros[3]. Il a reconnu dix enlèvements et un meurtre[5] et est présenté aujourd'hui comme le kidnappeur en chef de la bande du « Zodiaque » (« Los Zodiaco ») et toujours pas jugé des faits qui lui sont reprochés . Elle le présente à ses parents lors de leur visite au Mexique[6].

En avril 2005, Florence Cassez se sépare d'Israel (Vallarta Cisneros), retourne en France[7] puis revient au Mexique où elle vit chez Israël (Vallarta Cisneros) de septembre à décembre[3].

 Arrestation controversée
Le 8 décembre 2005, considérée comme la complice de Vallarta Cisneros, elle est arrêtée sur une autoroute à une cinquantaine de kilomètres de Mexico en compagnie d'Israel Vallarta Cisneros. La police met en scène son arrestation pour deux chaînes de télévision (TV Azteca et Televisa)[8] le matin du 9 décembre 2005 au ranch d'Israel. La police fait passer auprès des médias l'arrestation pour un flagrant délit et une opération de sauvetage, trois personnes kidnappées étant retrouvées sur les lieux[9] : Ezequiel Yadir Elizalde Flores, Cristina Ríos Valladares et son fils âgé de 10 ans[7].

Le 11 février 2006, Florence Cassez témoigne en direct de sa prison dans l'émission Punto de Partida et dénonce le montage de son arrestation. Genaro García Luna, directeur de l'Agence fédérale d'investigation (AFI) à l'époque, reconnaît en direct la mise en scène[3], s'en explique et ajoute qu'il s'agissait : « d'une reconstitution demandée par les médias et que cet élément ne sera pas pris en compte lors du procès de la Française »[10].

Pour ses avocats, Florence Cassez aurait dû selon la loi mexicaine être présentée au parquet dans les deux heures qui ont suivi sa véritable arrestation.

 Accusation et défense
L'accusation présente Florence Cassez comme faisant partie de la bande du « Zodiaque », Florence Cassez ayant été arrêtée en compagnie d'Israel Vallarta Cisneros, chef de cette bande de ravisseurs, qui était vraisemblablement son petit ami[12], et avec lequel elle vivait depuis plusieurs mois dans le ranch de Las Chinitas où se trouvaient, selon la police et la justice, les kidnappés.

Des trois personnes kidnappées retrouvées sur les lieux, Ezequiel reconnaît Florence Cassez lors des confrontations tandis que les deux autres victimes la reconnaissent mais seulement après son intervention télévisée soit trois mois plus tard. Ces dernières n'ont pas vu les visages de leurs ravisseurs, qui se masquaient en leur présence, néanmoins elles identifient formellement Florence Cassez par plusieurs signes distinctifs, dont sa voix, son accent français, sa peau et ses cheveux[12]. Toutefois il y a une évolution des déclarations de Cristina Ríos Valladares dans un sens d'inculpation de Florence Cassez.

Selon les correspondants de la presse française au Mexique, les victimes auraient rencontré la police au parquet avant de modifier leur témoignage dans un sens à charge contre Florence Cassez[14]. Lors du procès, les juges décident de prendre en compte seulement les déclarations ultérieures des victimes, accusant Florence Cassez.

Cristina Ríos Valladares, enlevée le 19 octobre 2005 avec son mari et leur fils, et séquestrée avec son fils, pendant 52 jours jusqu'au 9 décembre 2005, publie le 13 juin 2008 dans le quotidien La Jornada une lettre ouverte « à l'opinion publique »[16] où elle déclare que son fils et elle reconnaissent Florence Cassez comme leur ravisseuse grâce à sa voix et son accent et que cette dernière a extrait du sang de l'enfant pour l'envoyer au père et a menacé la mère de la tuer. Selon elle, l'effervescence médiatique autour du cas de Florence Cassez met de nouveau en danger sa famille.

En revanche le témoignage d'Ezequiel est fragilisé quand il est établi que la tache qu'il présentait comme preuve de l'administration d'une piqure par la Française s'avère être une tache de naissance[12].

Depuis son arrestation, Florence Cassez nie être la complice de Vallarta Cisneros, qui la disculpe d'ailleurs. Selon elle, il était simple revendeur de voitures[8] et elle n'a jamais vu de personnes séquestrées au ranch[3]. Son avocat évoque un montage dans lequel serait impliqué Eduardo Margolis (qui aurait été en affaires avec Vallarta avant d'entrer en conflit avec lui), une hypothèse évoquée dans l'hebdomadaire mexicain d'investigation Proceso.

Un couple tenant un restaurant à quelques kilomètres du ranch, Alma et Angel, qui en détenait les clés et s'y rendait parfois, déclare n'avoir pas vu de kidnappés au ranch la veille de l'arrestation.

Me Frank Berton incrimine la sœur d'Israel Vallarta comme coauteur des enlèvements et affirme que celle-ci n'est pas inquiétée par la police mexicaine[21]. Les trois victimes ont reconnu immédiatement comme leur premier endroit de détention, la maison où vivait la sœur d’Israel, Lupita, et son compagnon Alejandro Mejía Guevara, qui depuis ce temps-là, a disparu. La police a réalisé une perquisition chez elle le 28 décembre 2005, perquisition durant laquelle elle aurait trouvé les papiers d'identités de certaines victimes. Elle n'a jamais été convoquée par le juge en charge de l'affaire, ni inquiétée par la police.

 Condamnations
 Première condamnation[modifier]Le procès de Florence Cassez se tient durant 18 mois du 15 février 2006, jour de la première audience, à octobre 2007.

A l'issue du procès, Florence Cassez est condamnée le 25 avril 2008 à un total de 96 ans de prison : elle écope de 4 fois 20 ans pour 4 enlèvements, 8 ans pour association de malfaiteurs, 4 ans pour possession d'armes à l'usage exclusif des forces armées et 4 ans pour possession de munitions.

Le 26 juin 2008, la Cour Suprême mexicaine rejette le pourvoi de Florence Cassez pour des raisons techniques car l'affaire a déjà été examinée par un juge puis un tribunal.

Sur intervention de Nicolas Sarkozy, Me Frank Berton, avocat dans l'affaire d'Outreau, est désigné en 2008 par la justice française pour suivre ce dossier[11].

 Condamnation en appel
Le 4 mars 2009, Florence Cassez obtient en appel une réduction de sa peine de 96 à 60 ans d'emprisonnement, la peine étant toujours fixée à 60 de prison, puisqu'il s'agit de la durée maximale d'emprisonnement au Mexique[réf. nécessaire].

Me Frank Berton accuse alors Genaro García Luna, devenu depuis secrétaire de la sécurité publique en décembre 2006, d'être à l'origine de la condamnation de Florence Cassez car il joue sa survie politique.[réf. nécessaire]

Il incrimine la sœur d'Israel Vallarta Cisneros d'être coauteur des enlèvements et de ne pas être inquiétée par la police mexicaine[21].

 Intervention de la France
 Ébauche d'un transfèrement[modifier]Florence Cassez est emprisonnée au Mexique au Centro femenil de readaptación social de Tepepan au sud de Mexico. La France souhaite que Florence Cassez soit rapatriée.

Le 9 mars 2009, les associations des familles de victimes d'enlèvements disent vouloir que Florence Cassez purge sa peine au Mexique[29]. Le site Web sedcontra.fr publie, dans son numéro 47 daté de mars 2009, une tribune d'Emmanuel Barbier, titrée « Une manipulation exemplaire, cautionnée par le Président », accusant la presse française et le Président Sarkozy de soutenir Florence Cassez malgré les éléments de culpabilité, comme le témoignage de Cristina Ríos Valladares.

Le 9 mars 2009, en clôture de la visite officielle du président français Nicolas Sarkozy au Mexique, les présidents français et mexicain (Felipe Calderón Hinojosa), donnent une conférence de presse commune, comme il est habituel en pareil cas, pour évoquer les questions bilatérales. Ils annoncent notamment la création d'une « commission binationale » (selon les termes employés par les médias mexicains) ou « groupe de travail juridique franco-mexicain » (selon les termes employés par les médias français), groupe qui, selon les termes employés par Nicolas Sarkozy, « se donnera trois semaines pour trouver une solution qui permette de préserver les intérêts de la justice mexicaine, de la justice française, les intérêts des victimes et le droit de chacun, même s'il a été condamné, à se voir respecter dans l'application des droits qui sont les siens »[30] et aura pour tâche d'examiner la portée de la Convention sur le transfèrement des personnes condamnées  ouverte à la signature à Strasbourg le 21 mars 1983.

 Débats autour de la convention sur le transfèrement des personnes condamnées[modifier]Du côté français, cette convention (conclue à Strasbourg le 21 mars 1983) a été signée le 27 avril 1983, ratifiée le 11 février 1985 et est entrée en vigueur le 1er juillet 1985, tandis que le Mexique, État non membre du Conseil de l'Europe, a adhéré à la convention le 13 juillet 2007 et que celle-ci y est entrée en vigueur le 1er novembre 2007

le texte français de la Convention sur le transfèrement des personnes condamnées, appelé également « Convention de Strasbourg ») du 21 mars 1983 ;
l'état des signatures et ratifications ;
le répertoire dédié à cette convention.
Pour le gouvernement du Mexique, l’étude du dossier a pris fin après un examen effectué durant plus de trois mois par les juristes de la Commission binationale, où il a été conclu que les conditions permettant de donner un accord pour le transfert de Florence Cassez vers la France n’étaient pas réunies, pour différentes raisons latinreporters.com: Il existe des différends importants entre les systèmes juridiques mexicain et français qui empêchent que Florence Cassez ne purge pleinement en France la peine prononcée par la justice mexicaine ; Les réserves formulées par la France dans le paragraphe 3 de l’article 9 et dans le paragraphe 1er de l’article 10 de la Convention de Strasbourg ne permettent pas de garantir que Florence Cassez purgera la totalité de sa peine sur le territoire français ; Ces réserves prévoient que, dans le cas où Florence Cassez serait transférée vers son pays d’origine, sa condamnation serait assujettie aux sentences des autorités judiciaires françaises quant aux modalités de son exécution, y compris la suspension et la réduction de celle-ci ; Pour le Mexique, l’accomplissement de la totalité de la peine est une condition primordiale. En effet, la législation ne permet pas que dans des cas de délits graves comme celui de l’enlèvement, il y ait une libération anticipée ou une réduction de peine

S'agissant du protocole additionnel à la Convention sur le transfert des personnes condamnées, du 18 décembre 1997, celui-ci a été signé par la France le 10 février 1998, ratifié le 10 janvier 2006 et est entré en vigueur le 1er mai 2006, tandis que le Mexique n'a ni signé ni ratifié ce protocole jusqu'à présent, en plein droit en tant que pays souverain n'est donc pas engagé par cet accord international[35].

 Échec du transfèrement
Le 12 mars 2009, le président mexicain, Felipe Calderón, assure, dans un entretien télévisé, qu'il a demandé à Nicolas Sarkozy que la France s'engage à ce que la peine infligée à Florence Cassez par la justice mexicaine soit effectivement purgée — « J'ai dit clairement au président Sarkozy que la France doit nous garantir que cette femme ne profite pas de son transfert pour échapper à l'action de la justice mexicaine » — et souligne qu'il n'existe aucune garantie, pour le moment, qui justifierait que soit donnée l'autorisation de transfèrement en France de Florence Cassez — « Tant que ces garanties n'existent pas, nous n'accorderons évidemment pas cette autorisation (de transfèrement en France) »[36]. Il y aurait eu des malentendus entre les deux pays relatifs à la négociation du transfèrement.

Lire aussi la lettre adressée au président français du 22 juillet 2009 par le président mexicain sur : (es) eluniversal.com.mx

Le 12 avril 2009, l'avocat de Florence Cassez déclare qu'il est prêt à demander à la France de saisir la Cour internationale de justice (CIJ) à La Haye si le Mexique refusait le transfert de sa cliente, prévu selon lui par une convention internationale.

Le 23 juin 2009, Felipe Calderon annonce à la télévision mexicaine que Florence Cassez purgera sa peine (ramenée en appel à 60 ans de prison) au Mexique. Il indique de plus que les conditions qui lui permettraient d'être transférée ne sont pas réunies.

 Développement : témoignage de David Orozco
En mai 2009, David Orozco un des membres du gang des kidnappeurs, est arrêté et affirme lors de l'enquête que Florence Cassez dirigeait la bande avec Israël Vallarta. Selon David Orozco, Florence Cassez avait pour tâche de toucher les rançons et de préparer les enlèvements. Ces déclarations sont largement médiatisées. En juin 2010, selon l'AFP, David Orozco aurait déclaré devant le juge en 2009 que son témoignage à charge contre Florence Cassez et Israel Vallarta Cisneros a été recueilli par la police sous la torture, mais le fait qu'il aurait été torturé n'a jamais été prouvé, les kidnappeurs prétendent presque toujours avoir été torturés, cela fait partie de leur système de défense habituel[40]. Il affirme désormais ne pas connaître les accusés[41]. Cependant, son témoignage initial ne faisait pas partie des éléments de preuve considérés par les juges pour condamner Florence Cassez ; il n'avait donc aucun poids juridique dans son dossier.

 Échec du recours en amparo[modifier]Le 30 août 2010, les avocats de Florence Cassez déposent un recours en amparo reposant sur 15 violations de la Constitution et du Code pénal mexicain dénoncées par la Française[42].

Le 10 février 2011, le septième tribunal collégial en matière pénale du premier circuit a statué sur ce recours. Il a considéré que les délits attribués à la plaignante ainsi que sa responsabilité pénale correspondante étaient attestés. Pour cette raison, les magistrats fédéraux ont ratifié la sentence rendue par le Tribunal unitaire en matière pénale du District fédéral et ont déclaré non fondés les moyens avancés par la défense de Florence Cassez :

1.En ce qui concerne le moyen selon lequel il n’existerait pas de certitude sur le jour et le lieu de l’arrestation, le tribunal le considère comme non fondé dès lors que pendant sa première déclaration Florence Cassez ne manifesta pas avoir été arrêtée un jour avant ni avoir subi de pression pour s’auto-inculper, alors même qu’elle disposait d’un avocat et d’un interprète.
2.En ce qui concerne le moyen selon laquelle Florence Cassez aurait été arrêtée de manière arbitraire, la sentence définitive signale qu’il y eut bien flagrant délit au moment de son arrestation, dès lors qu’elle portait une arme à feu lorsqu’elle fut appréhendée en compagnie d’Israel Vallarta Cisneros.
3.En ce qui concerne le montage télévisé que réalisèrent les autorités fédérales pour annoncer l’arrestation d’Israel Vallarta Cisneros et de sa compagne Florence Cassez, les magistrats fédéraux considèrent que la sentence rendue par le tribunal de seconde instance ne tint pas compte des vidéos – se basant sur les témoignages des victimes – et que leur diffusion n’affecta pas le déroulement du procès.
4.De même manière, a été considéré comme non fondé le moyen introduit par Florence Cassez selon lequel elle n’avait pas été immédiatement mise à disposition du Ministère public, dès lors qu’au moment de sa capture, son amant Israel Vallarta Cisneros avait prévenu les autorités que les victimes de l’enlèvement risquaient leur vie si elles n’étaient pas libérées avant que que soit rendu publique leur détention.
5.Enfin, dans son jugement, le tribunal collégial en matière pénale précise que ne furent pas violés les droits consulaires de Florence Cassez, dès lors que les autorités essayèrent bien d’avertir l’ambassade de France à México de l’arrestation d’une citoyenne française, mais sans que personne ne leur réponde jamais au numéro indiqué à cet effet[43].
En conséquence, il a décidé de refuser l'amparo. Les voies de recours étant épuisées en droit mexicain, la peine à 60 ans de prison est confirmée.

Les trois magistrats qui ont délibéré dans le cadre de ce recours sont :

Ricardo Ojeda Bohorquez, président du tribunal collégial ; il est docteur en droit de l'Université nationale autonome du Mexique (UNAM), juge fédéral depuis 1992 et magistrat de circuit depuis 1997.
Carlos Hugo Luna Ramos[46], magistrat rapporteur ; il est magistrat d'un tribunal de circuit depuis 1987.
Manuel Barcena Villanueava[47] est spécialiste de droit pénal et constitutionnel, il a été désigné magistrat de circuit en 2000 à travers un concours d'opposition.
Le tribunal a fait paraître à l'usage du public un compte rendu complet de 1529 pages de la sentence du 10 février 2011 [48]

 Incident diplomatique subséquent[modifier]Après le verdict, Florian Blazy, le second conseiller de l'ambassade de France au Mexique évoque l'objet de recours au niveau d'organismes internationaux.

À la suite de cette décision, la mère de Florence Cassez demande l'annulation de l'année du Mexique en France et « le boycott de destinations touristiques au Mexique ». La ministre des Affaires étrangères Michèle Alliot-Marie, parlant de « véritable déni de justice », annonce ne pas vouloir prendre part aux manifestations culturelles prévues. Florence Cassez souhaite le maintien de l'année du Mexique et qu'on profite de la manifestation « pour parler de sa cause »[49].

L'attitude du gouvernement français, les interventions publiques de politiques, en particulier celles du président de la République française, Nicolas Sarkozy, provoquent l'incompréhension de la société civile mexicaine. Le président du Mexique, Felipe Calderón Hinojosa intervient pour exposer la position de son pays et répondre aux critiques françaises.

Au cours d'une intervention au Sénat de Michèle Alliot-Marie, ministre des affaires étrangères, évoquant l'affaire, l'ambassadeur du Mexique en France quitte son siège en signe de protestation, chose exceptionnelle pour un ambassadeur en place. Les déclarations de part et d'autre, débouchent sur une crise diplomatique entre la France et le Mexique en février 2011[50].

Nicolas Sarkozy décide de dédier l'année du Mexique à Florence Cassez, impliquant d'évoquer son sort au début de chaque manifestation et en présence d'un officiel mexicain, suite à quoi le Mexique se retire des célébrations, protestant qu'on associe un événement culturel à « une personne condamnée par la justice mexicaine », célébrations prévues le 15 mars 2011[51].

Le personnel politique français dénonce presque unanimement la position du Mexique et approuve les pressions françaises à l'exception de rares personnalités comme Christian Vanneste ou Robert Badinter. Pour le premier « le respect dû à la légitime fierté mexicaine, en même temps que la prudence nécessaire pour obtenir des résultats, ont cédé devant une arrogance nationale que le Mexique a déjà connue à l'époque de Napoléon III », tandis que le second déclare : « Plaçons-nous du côté cette fois-ci du Mexique et des autorités mexicaines. Voilà une jeune femme qui a été accusée, jugée, condamnée. A tort ou à raison, ce n'est pas à nous de le dire »[52].

 Chronologie de prises de position et soutiens
 En France[modifier]7 mai 2008 : les parents de Florence Cassez sont reçus à l'Élysée par Nicolas Sarkozy.
26 décembre 2008 : au Parlement français, 168 députés dont trois anciens gardes des Sceaux réclament la libération de Florence Cassez.
12 septembre 2009 : Florence Cassez intervient sur France 5 en direct dans l'émission Revu et corrigé de Paul Amar.
15 septembre 2009 : diffusion d'une entrevue radiophonique de Florence Cassez au Canada.
24 septembre 2009 : Ingrid Betancourt, lors de la remise du Prix du courage au féminin attribué par Reporters sans frontières et Radio-Canada et remis par la Gouverneure générale du Canada, a lancé un appel pour la libération de Florence Cassez qu'elle a appelé « sa sœur Florence ».
8 décembre 2009 : rassemblement devant l'ambassade du Mexique à Paris à l'initiative des parlementaires du Nord-Pas-de-Calais. Ses parents, son avocat, le président du comité de soutien et un parlementaire sont reçus par l'ambassadeur du Mexique.
26 mars 2010 : Florence Cassez est interviewée par Michel Labrecque dans l'émission Desautels.
27 avril 2010 : Serge Grouard, maire d'Orléans et député du Loiret, interroge le gouvernement à l'Assemblée nationale sur la situation de détresse de Florence Cassez.
30 avril 2010 : Florence Cassez est faite citoyenne d'honneur de la ville d'Orléans.
6 mai 2010 : une manifestation de type « flashmob » rassemble plus de 300 personnes à Lille. Les sportifs emmenés par la perchiste Vanessa Boslak sont arrivés en courant sur la place du Général-de-Gaulle. A leur arrivée des musiciens jouent sous la direction du chef d'orchestre Jean-Claude Casadesus. Sont en outre présents : Jacques Gaillot, le ministre Marc-Philippe Daubresse, la sénatrice et ex-ministre Michelle Demessine et le député Thierry Lazaro. Il s'agit de la première manifestation populaire d'une telle envergure.
7 octobre 2010 : Anne Hidalgo, première adjointe au maire de Paris, reçoit officiellement les parents de Florence Cassez à l'Hôtel de ville de Paris. Elle les assure du « plein soutien des élus parisiens » et s'insurge contre l'oubli dont elle pourrait être victime.
15 février 2011 : Chantal Brunel, une députée UMP de Seine-et-Marne, déclare suite à la prise de position du président français : « ce n'est pas parce qu'on est Français à l'étranger qu'on est innocent ».
 Au Mexique
9 mars 2009 : selon l'AFP, lors de son voyage au Mexique, Nicolas Sarkozy a rencontré Maria Elena Morera, l'ex-présidente de Mexico unido contra la delincuencia (Le Mexique uni contre la délinquance), et Isabel Miranda, du Movimiento blanco (Mouvement blanc) et de Alto al sequestro (Halte au séquestre), dont un fils a été enlevé et tué. Celles-ci auraient déclaré que : « La procédure judiciaire mexicaine a été totalement régulière », et qu'elles n'étaient pas d'accord avec une éventuelle réduction de peine de la Française en cas de transfèrement en France.
Fin novembre 2010 : Florence Cassez reçoit deux soutiens au Mexique, celui de la Conférence des évêques du Mexique[66] qu'il faut situer dans le conteste historique (voir Guerre des cristeros Guerre de Réforme et Lois de Réforme) et politique actuel au Mexique [67] ainsi que celui d'Ignacio Morales Lechuga, ancien procureur général et ancien ambassadeur du Mexique en France, qui se déclarent convaincus de l'innocence de Florence Cassez. * 10 février 2011 : des ONG, dont Alto al secuestro et Causa común, se disent prêtes à prouver la culpabilité de Florence Cassez devant la Cour interaméricaine des droits de l'homme (CIDH).
15 février 2011 : Dans un article de El Universal paru le 15 février 2011, l'écrivain mexicain Carlos Fuentes a comparé le comportement du président français dans cette affaire à celui d'un dictateur de république bananière en y faisant allusion à Trujillo et a envisagé que le président français utilise de façon politique l'affaire Florence Cassez pour élever sa popularité, une popularité très basse en France[70].
16 février 2011 : Cuauhtémoc Cárdenas défend la position du Mexique et ne veut pas que la culture mexicaine serve de prétexte à la présence virtuelle d'une délinquante condamnée par les tribunaux et Miguel Alemán Velasco, le président de l'événement L'année du Mexique en France déclare que le président français « a commis une grave erreur » en prenant une décision « unilatérale » qui amène à utiliser L'année du Mexique en France comme un tribunal pour résoudre l'affaire Florence Cassez.
21 février 2011 : Selon l’hebdomadaire Proceso, la justice mexicaine aurait subi de fortes pressions politiques dans l’affaire Florence Cassez. Le secrétaire du président Felipe Calderón, Roberto Gil Zuarth, aurait rencontré le président de la Cour Suprême et trois magistrats du septième tribunal de Mexico le 10 février, quelques heures avant que ce tribunal émette son verdict concernant le pourvoi en cassation déposée par la Française. "Si Cassez est déclarée innocente, cela entraînera non seulement la chute du ministre de la Sécurité Publique Genaro García Luna, mais cela contribuera à réduire à néant la lutte du gouvernement contre le crime organisé", aurait déclaré Roberto Gil Zuarth[72]. Le journal ajoute que les magistrats nient avoir participé à une réunion de ce type.
 Bibliographie
Alain Devalpo et Anne Vigna, Peines mexicaines : Florence Cassez, Jacinta, Ignacio et les autres, Éditions Générales First, Paris, 2009, 367 p. (ISBN 978-2754015417)
Florence Cassez, À l'ombre de ma vie : Prisonnière de l'État mexicain, Éditions Michel Lafon, Paris,

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